Notre Historique

    D'où venons nous?

     

    Note sur l'historique : ce travail est une tentative de retracer d'une manière complète et concise l'histoire d'ALTERS. Elle a vocation à transmettre et faire comprendre les fondamentaux de l'association. Il met en avant les évolutions et ruptures de l'association. Dans ce sens ce travail ne fait ni la promotion, ni la critique d'ALTERS.

    L'Association Lieu de Transmission et d’Élaborations des Ruptures Sociales[1] (ALTERS) prend ses origines à la suite de la dissolution de l'Ecole Freudienne de Paris (1980) et du Congrès du Caire (1987) sur le « Fantasmes originaires, fantasmes des origines » (Thiberge, 2016). En effet, fondée en 1987, ALTERS est issue de différents groupes eux-mêmes issus de l'Ecole Freudienne ne se reconnaissant pas dans la Cause Freudienne. Ces groupes se réunissent alors dans le « but d'entreprendre, pour ses membres et pour l'extérieur, toutes actions, réflexions, études, visant à favoriser l'insertion sociale, économique et culturelle de personnes ou minorités dites handicapées » (Thiberge, 2015).

    Trois étapes ont présidé à la création d'ALTERS : (1) L'élaboration d'un dispositif de consultation culturelle (premier projet associatif de l'association) dans les années 80 ; (2) L'Invention Freudienne ; (3) L'Association ALTERS est déclarée à la préfecture (le 27 décembre 2000), après un travail préparatoire d'une année avec Marc Thiberge et les membres fondateurs: Derkis Alia, Ethy Béjar, Josette Bénéteau.

    Il va venir avec le temps l'idée d'élargir à d'autres ce qui avait été mis au travail dans ce collectif dont les élaborations et réflexions que Marc Thiberge avait commencé à transmettre sur la psychanalyse et le social. Les membres fondateurs ont souhaité créer un espace plus ouvert avec un double objectif: celui de faciliter la mise en œuvre de pratiques sociales innovantes qui tiennent compte de l'inconscient (par exemple une consultation culturelle) et celui de créer un lieu d'expression relatif aux questions inhérentes à la transmission (transmission par la tenue de séminaires, par des dispositifs de recherche et de formation, des groupes de travail ayant pour objet " l'invention" de la psychanalyse par chacun).

    Ainsi, pour affirmé cette logique il est inscrit (par l'article 2 dans les statuts d'ALTERS) les deux objets essentiels de l'identité de l'association :

    • 1- de promouvoir des pratiques dans le champ social qui tiennent compte de l'inconscient.
    • 2- de développer la recherche et la formation.

    Le postulat concernant l'hétérogénéité de la réalité psychique et de la réalité sociale est au centre des élaborations qui ont été soutenues dans le cadre associatif par le séminaire de Marc Thiberge (2005a, 2005b). Des concepts psychanalytiques fondamentaux réélaborés en découlent, concernant l'hypothèse de l'inconscient, la théorie des pulsions et la tension désirante. Ces concepts fondamentaux qui sont dans cet historique esquissés (séminaires de 2001,2002,2005,2007) changent la manière d'acter la psychanalyse dont l'enjeu est le désir (désintrication pulsionnelle comme mode d'accès au désir) et l'émergence d'une singularité inventive ainsi qu'une approche de l'idée du lien social.

    Le second ALTERS (Thiberge, 2016) date de 2001. Il s'est construit suite à la première mouture d'ALTERS et à l'Invention Freudienne. Il a pour vocation de faire groupe et d'être alors « lieu d'adresse » des séminaire de Marc Thiberge. Cet ALTERS se base sur le principe poly-professionnelle avec l'idée que la psychanalyse est une chose trop sérieuse pour ne regrouper que des psychanalystes. Le séminaire[2] qui est une des particularités de ce nouvel ALTERS émerge d'une demande interne. Ce « groupe » ALTERS se fonde sur le pari que le temps conduira les membres à quitter une position identificatoire afin d’accéder à une « position de parole singulière, à une autonomie de pensée et peut-être d’invention » (Thiberge, 2015).

    Entre 2001 et 2014 le fonctionnement de l'association vient à progressivement soulever des problématiques internes. Ces dernières vont conduire à des questionnements interrogeant même le cœur de ce qui fonde l'association et son harmonie face à ses principes fondateurs et ses hypothèses de travail qui date des années 80 : « Ceci nous engage et met à la question notre esprit de recherche et notre cohérence avec les énoncés d’ALTERS ou la cohérence des énoncés d’ALTERS avec l’actualité du projet analytique » (Thiberge, 2015). En effet, en 30 ans les problématiques qui anime le lien social et la psychanalyse ont évolués. De nouveaux modèles sont apparues comme le principe d'auto-formation ou la pensée complexe. Ces changements vont conduire non sans mal ; non sans difficultés à discuter pour acter une refondation d'ALTERS.

    La refondation de l'association est actée par l'Assemblée Générale  d'octobre 2015. Une nouvelle motion d'orientation générale et une nouvelle charte sont pensées.  Ce travail de refondation commencé dès 2008 vient à être pleinement avalisé par l'Assemblée Générale de mars 2016. Y en ressort que l'adhésion à l'association se fera par l'engagement dans un groupe de travail. Y est réaffirmé l'existence de deux pôles : le pôle psychanalyse et le pôle pratiques sociales.

    Ainsi, les groupes de travail, groupes Balint, ateliers de modélisation et de recherche redeviennent  un fil conducteur du fonctionnement de l'association. Ici est réaffirmé la nécessité du social dans la mécanique de l'association. En effet, ces groupes et ateliers donnent accès à l'auto-formation permettant un dialogue avec les Sciences Sociales. Finalement, se réaffirme le fait que l’Académie Baroque est le cœur du dispositif.

    Par cette refonte, en 2015, il possible de dire que « ce groupe est devenu communauté mais pas encore un collectif : il ne suffit pas de recevoir des patients et de travailler dans des groupes pour être des associés qui souscrivent en connaissance de cause à des énoncés à partir desquels s’organise une vie associative » (Thiberge, 2015).

    Aujourd'hui ALTERS est animé d'une nouvelle énergie qui se soutient du travail de réflexion apporté par le processus de refonte dont l'Assemblée Générale de décembre 2016 fait acte. L'association fonctionne par la coexistence et la rencontres du pôle psychanalyse et du pôle pratiques sociales. Par le présence et la reconstructions de groupes de travail et d'ateliers. Par la reconstruction, les réflexions et la reprise des groupes Balints. Par le déroulement de nouvelles Académies Baroques. Finalement, par le maintient des rencontres mensuelles du samedi.

    Pour résumer, l’association ALTERS a fait les choix suivants (Thiberge, 2015) qui sont aujourd'hui mis en place et qui font son identités :

    • Concernant les pratiques sociales (de soin, d’aide, d’éducation ou d’enseignement) la culture détermine les modalités de l’échange.
    • Concernant la pratique analytique, la psychanalyse personnelle est évidemment première. Elle ne doit pas passer par un enseignement de type universitaire, sous peine de confondre activation d’un penser et transferts sans transformation ou remaniement d’un corpus de savoir.
    • Un contrôle ou plusieurs contrôles très longs permettant l’élaboration de sa pratique dans un travail entre deux psychanalystes.
    • Le respect du cursus stipulé par les statuts de l’association, mais précisé ainsi : trois ans de compilation.
    • L’Académie Baroque en place du cartel et de la passe.
    • La psychanalyse personnelle une fois achevée laisse place au ressenti d’un lien social mis à l’épreuve. La décision de s’installer comme analyste ne peut se faire que dans un temps d’après qui tient compte des temps logiques personnels. L’installation comme analyste ne prend son effet différenciateur qu’au regard d’une pratique sociale instituée, pas l’un sans l’autre.
    • Une fois installé, le devoir de participer à un groupes de lecture et de confrontation.
    • Au final, obligation d’un cursus si l’association veut faire reconnaître sa fonction de formation, à côté de sa pratique de transmission et d’élaboration permanente : C’est le travail produit qui compte et non un effet de passe.
    • Le temps collectif du samedi matin pérennisé : recherches singulières dans le cadre du collectif et non plus temps solitaire du séminaire.
    • Tendre vers le principe que les statuts d’ALTERS fassent acte comme la parole juridique auprès de ses membres.

     

    Bibliographie :

    • Thiberge, M. 2015. Aujourd'hui Alters.
    • Thiberge, M. 2015. Pour une refondation d'Alters.
    • Thiberge, M. 2005a. Les Séminaires du Mardi, Tome 1 : Psychanalyse et pratiques sociales : inventer ! Nîmes : Champ Social Éditions.
    • Thiberge, M. 2005b. Les Séminaires du Mardi, Tome 2. : Clinique de l'acte analytique. Nîmes : Champ Social Éditions.

     

    [1]       Les membres fondateurs en étaient M.F Alsina, D. Césaréo, C. Ferry, M.Lebailly, Ch. Privat, F.Reby, MC Reby, M.Ramon ,D.Sales, B. Sauzin, M.Thiberge. L’Invention Freudienne a été fondée à sa suite, par M. Lebailly, M.Thiberge , S.Vallon. Le deuxième l’a été en 2001 par E.Bejar, D.Alia, J.Beneteau, M.Thiberge.

    [2]       Tenu par M.Thiberge il sera relu par J.Beneteau avant publication.

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